C’est quoi ?
La grippe aviaire (ou grippe du poulet) est une infection par un virus grippal qui comprend plusieurs genres. Elle est généralement asymptomatique (pas de signes apparents) chez les oiseaux sauvages, mais peut devenir fortement contagieuse et entraîner une mortalité très élevée dans les élevages industriels de poulets et de dindes, d’où le nom de peste aviaire.
Une épidémie animale (épizootie) a débuté en décembre 2003 et a touché plusieurs pays d’Asie, du Sud-Est asiatique et la Roumanie et la Turquie. Elle a entraîné la mort ou la destruction de 100 millions de volailles. Elle est due à un virus H5N1 « hautement pathogène » pour les volailles, c’est-à-dire très contagieux et susceptible d’entraîner des formes sévères souvent mortelles, en particulier dans les élevages industriels (du fait de la concentration des volailles dans un espace restreint). Lorsque la souche de virus aviaire est hautement pathogène, il y a un plus grand risque de transmission à l’homme.
Comment peut-elle se transmettre ?
De façon exceptionnelle, le virus de la grippe aviaire peut en effet se transmettre à l’homme lors de contacts fréquents et intensifs avec des animaux infectés. Ceci concerne principalement les personnes qui travaillent ou interviennent dans une zone contaminée : éleveurs, vétérinaires, équipes de nettoyage et de désinfection... Chez l’homme, le virus se traduit par une infection respiratoire aiguë sévère, d’évolution souvent fatale. En 2006 et selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 116 cas humains de grippe (due au virus H5N1) ont été identifiés dans la monde, dont 80 mortels.
Le risque majeur représenté par ce virus est qu’il s’adapte à l’homme et qu’une transmission interhumaine s’installe. En effet, en cas d’infection par le virus aviaire d’une personne déjà contaminée par le virus de la grippe humaine, des échanges de matériel génétique entre ces deux virus pourraient aboutir à l’apparition d’un nouveau virus susceptible de se transmettre d’homme à homme, avec un risque d’épidémie voire de pandémie [c’est à dire une forte augmentation dans l’espace et dans le temps des cas de grippe, accompagnée d’un nombre important de cas graves et d’une mortalité élevée.]
Actuellement, aucun cas de transmission du virus aviaire d’homme à homme n’a été prouvé. Mais la propagation de l’infection chez les oiseaux augmente la probabilité de l’apparition d’un nouveau virus grippal dans la population humaine. Toutefois, ce nouveau virus, capable donc de se transmettre d’homme à homme, n’existe pas encore. Et s’il apparaît, personne ne peut savoir s’il sera virulent chez l’homme (c’est à dire s’il induira une maladie grave).
En pratique
Il n’y a aucun danger à manger du poulet cuit, le virus est en effet détruit à 70°C. C’est la même chose pour les oeufs. La vaccination contre la grippe saisonnière ne protège pas contre le H5N1. Elle est cependant conseillée dans les zones touchées par la grippe aviaire pour prévenir une rencontre entre les deux virus et une éventuelle mutation, c’est à dire l’apparition d’un nouveau virus dangereux pour l’homme. Un plan gouvernemental de lutte élaboré dans la perspective d’une pandémie grippale a été mis au point par les pays de la Communauté Européenne, et notamment par la France.
Chez les poulets, la grippe aviaire a une durée d’incubation très courte et un élevage peut connaître un taux de mortalité proche de 100 % en 48 heures. Chez l’homme, la période d’incubation pour la grippe saisonnière est de 2 à 3 jours avec un écart allant de 1 à 7 jours.