De récentes recherches montrent que la circoncision serait un moyen de réduction des risques de transmissions du VIH (Virus d’Immuno-Déficience Humaine), dans les relations hétérosexuelles.
C’est un pas en avant indéniable dans la recherche pour faire reculer ce fléau. Toutefois, la forte médiatisation de ces résultats a entraîné quelques confusions dans les esprits. Retenons que seul le préservatif protège totalement du VIH. Petites explications et mise au point...
Qu’est-ce que la circoncision ?
La circoncision consiste en l’ablation du prépuce (repli de peau qui recouvre le gland qui est situé au bout du pénis). Cette intervention chirurgicale bénigne est pratiquée chez les juifs, les musulmans et certains peuples d’Afrique Noire : elle a dans ce cas une signification rituelle ou symbolique. C’est également une pratique commune aux Etats-Unis, pour des raisons d’hygiène.
Les découvertes de la recherche contre le sida :
Des études récentes menées par des chercheurs américains en Afrique du Sud, au Kenya et en Ouganda ont permis de constater une réduction de 50 à 60 % des risques d’infection par le VIH dans le cadre de rapports hétérosexuels avec des hommes circoncis. La réduction des risques de contamination existe, que ce soit l’homme où la femme qui soit porteur du virus.
Cependant, d’autres études ont montré qu’une population ou la circoncision est importante peut compter de nombreux cas de VIH. C’est le cas du Cameroun où 93 % de la population est circoncise, mais où la prévalence du VIH chez les hommes circoncis est de 4,4% contre 1,1% pour les non-circoncis.
Il faut donc être prudent quant à ses résultats : la réduction du risque de transmission liée à la circoncision est bien réelle, mais celle-ci ne protège pas totalement de la transmission du VIH.
Comment la circoncision serait-elle protectrice ?
L’extrémité du pénis et la face interne du prépuce sont des muqueuses (tissus semblables à l’intérieur de la bouche ou du vagin) très perméables aux virus. Chez l’homme circoncis, la muqueuse du prépuce a été retirée, et la surface du gland se kératinise, c’est-à-dire qu’elle devient plus épaisse, semblable à la peau – qui est imperméable au virus. La surface fragile exposée au virus est donc moins grande chez l’homme circoncis.
Ce qu’il faut retenir :
en cas de relation sexuelle, le préservatif est le seul moyen efficace de prévention que les hommes soient circoncis ou non.
les femmes ne doivent pas se considérer comme protégées seulement parce que leur partenaire est circoncis.
on n’a pas de données sur la circoncision et le VIH dans les relations homosexuelles.
l’accès universel aux traitements anti-rétroviraux pour 2010, tel que le préconisent les Nations Unies, demeure une priorité : « il ne faudrait pas que la circoncision devienne, dans les pays en voie de développement, un moyen de lutter contre l’épidémie à moindre coût, plutôt que de permettre l’accès au traitement. »