Binge drinking

Entre 17 et 25 ans, le week-end est l’occasion de faire la fête entre amis. Bière, premix et alcools forts peuvent agrémenter ces soirées. En boire c’est aimer ce goût particulier. C’est aussi éprouver une sensation de vertige, une ébriété qui peut être légère et rester agréable. Participer aux rites de consommation (payer sa tournée, apporter sa bouteille en soirée), être dans une convivialité partagée et faire preuve d’une certaine capacité à tenir l’alcool sont autant de signes d’un « savoir-boire » dans un groupe. Mais à partir de quand boire devient un problème ? Jusqu’à quel point vous-mêmes ou un copain connaissez-vous vos propres limites quant à la dose ? On tend souvent à banaliser les effets que génère l’ébriété - celui qui a l’alcool gai, l’alcool triste ou encore l’alcool méchant - alors qu’il ne faut pas oublier que la désinhibition peut engendrer des consommations et des prises de risques parfois dramatiques.

Binge drinking : de quoi s’agit-il ?

Un soir de Saint-Valentin. Quatre jeunes hommes, dans le métro. Assis avec ses copains, l’un d’eux tient une bouteille de whisky à la main. Avant de prendre leur correspondance, sous le regard de ses amis, celui qui tient la bouteille se lève et boit d’une traite la moitié restante de l’alcool. Cette façon de boire - absorption d’une quantité excessive et intensive, que l’on imagine là ponctuelle – est le binge drinking.

Faire la fête, s’amuser entre potes peut pour certains groupes d’amis se traduire par l’envie de « se prendre une cuite, une murge ». Cette consommation frénétique d’alcool comporte une intention d’ivresse. Rarement solitaire, cette alcoolisation se déroule de manière organisée et cherche à être visible.

Mais voilà qu’au sortir de ce type de soirée, certains racontent. « J’ai beaucoup bu d’alcool le samedi, pendant le dîner, et ensuite pendant la soirée. Et ça m’est très vite monté à la tête, et très tôt j’ai eu un trou de mémoire... » Tels sont par exemple les signes d’une « intoxication alcoolique aiguë. »

Etre vigilant ensemble.

Ce phénomène d’alcoolisation excessive s’est étendu très largement aux grandes écoles d’études supérieures qui l’ont institué comme rite de passage. En effet, certaines écoles organisent des week-ends d’intégration où l’alcool coule à flots. On y marque le coup d’avoir réussi un concours et d’être intégré à une nouvelle communauté dont on devient membre à part entière. Ce rite a en effet une valeur d’agrégation.

Cette valeur est si importante que de jeunes étudiants expliquent que les choix sont réduits : c’est devenir eux, être avec eux ou rester un « nobodies ». Pour cela, certains poussent loin leur limite. « Je me souviens d’un type qui avait fait des défis avec les mecs du xxx, et qui était complètement saoul : il s ’est mis à danser tout nu (...), et à un moment, il s’est carrément pissé dessus » raconte un étudiant.

Nul besoin de frôler le coma ou le malaise pour faire preuve de vigilance les uns à l’égard des autres. Si être amis c’est faire la fête ensemble. Être ensemble c’est partager une conscience commune. C’est pourquoi à tout moment il importe de savoir rester alerte à l’égard de soi et des autres, de pouvoir avertir les secours, d’accompagner, si nécessaire, au service d’urgence hospitalière.

Nous rendons la parole à une jeune étudiante pour conclure cette actu. « Pendant trois mois, j’étais complètement dedans, je crois que j’en avais besoin (...) je suis sortie avec plein de mecs, je me suis tapée des « méga-cuites » ... Et au bout d’un moment, je me suis dit, ça suffit, ça mène à rien, c’est vain. »

  • Mise en ligne le 31 mars 2008
  • Dernière modification le 17 juillet 2008